Avant d’être utilisée comme moyen d’expression par des artistes désireux de mettre en image leurs émotions ou univers, la photo est un outil utilisé par des milliards de personnes pour son rôle de mémoire, souvenir. Les grands-parents accumulent dans leurs placards des photographies de leurs petits enfants jouant dans le jardin. Les ados collent sur les murs de leur chambre des photos de soirée, de leurs amis hilares tenant l’appareil photo à bout de bras. Les curieux accumulent dans des dossiers des photos volées ici ou là, des instantanés qui auraient été, il y a quelques années, des polaroids. Depuis un an et demi, un internaute un peu rêveur de Londres a lancé un projet qui renouvelle cette fonction mémoire de la photo et lui redonne le côté magique que l’on n’avait presque que dans la photo artistique. La photo se balade avec le projet “Disposable Memory“.
Peut-être avez vous déjà entendu parler du Bookcrossing, cette communauté de fous de littérature qui libèrent des bouquins dans la nature dans l’espoir qu’un inconnu les récupère et les lise ? Ce concept du partage sans limite du plaisir artistique prend tout son sens avec le web : quoi de plus jouissif que de découvrir qu’un bouquin que vous avez libéré à Paris s’est retrouvé à New Delhi après un saut à New York ? Quoi que mieux que de se rendre compte que les personnes qui ont eu le livre entre les mains l’ont apprécié, et ont choisi de le remettre dans la nature pour qu’un nouveau lecteur heureux le découvre à son tour ?
Le “Disposable Memory Project”, ou “projet de la mémoire jetable”, c’est un peu la même chose, la littérature en moins, le vertige du voyage en plus. Un appareil photo jetable, enveloppé dans un emballage plastique et accompagné d’une notice expliquant le projet, est donné à un passant. Sa mission : prendre quelques instantanés puis réemballer soigneusement le tout et passer l’appareil à quelqu’un d’autre ou le laisser sur un banc, derrière une statue, sur des marches, pour qu’il soit trouvé. Le projet a été initié en avril 2008 à Londres et, depuis, 251 appareils photos se sont baladés dans la nature, dans 56 pays différents. Certains ont disparu de la circulation, d’autres ont été trouvés et sont encore en train de voyager d’un pays à l’autre. En un an et demi, ce sont seulement 17 appareils qui sont rentrés sains et sauf au bercail, mais c’est déjà plus que ce qu’ont expérimenté des projets similaires. Il a parfois fallu attendre 200 jours pour qu’un appareil finisse par réapparaître et revenir à la maison ! 17 pellicules, donc, dont les photos ont été développées par l’instigateur du projet et mises en ligne sur le site web. Quelques photos qui donnent le vertige, qui titillent l’imagination et nous font imaginer les milliers de kilomètres qu’ont parfois traversé ces petits morceaux de plastique et de rêve. 77 appareils circulent toujours, leur progression est indiquée au fur et à mesure sur le site web par les gens qui sont en leur possession actuellement.
Alors si vous tombez sur un appareil photo jetable soigneusement emballé dans son plastique transparent et qui vous fait de l’oeil pour que vous alliez chatouiller son déclencheur et faire voyager le projet un peu plus loin encore, n’hésitez pas
Et si vous voulez participer en libérant un appareil photo, les instructions vous sont données ici !






























C’est tout simplement génial ^^ J’ai justement un jetable neuf qui pour le moment ne se balade que dans mes cartons, je me dis qu’il a peut-être envie de voir du pays…