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Raul Allen dort les yeux ouverts.

Raul Allen. Cela ne fait pas longtemps que j’ai cet artiste sous mon radar.
Illustrateur, il travaille pour des magazines (citons Rolling Stone, D Magazine, Cinemania, etc), des agences de pub ainsi que des livres universitaires.
Il se présente, pourtant, avec des mots plutôt poétiques : « Il a toujours cherché un moyen de voir l’intérieur et l’extérieur des choses, jusqu’à cet extrême de dormir les yeux ouverts ».
Raul Allen a beau illustrer pour d’autres, on sent une touche personnelle qui dépasse de loin la simple commande.

Wild writers - not so typical female writers

Est-ce que cela saute aux yeux quand on atterrit sur son site et qu’on découvre son portfolio plutôt conséquent et varié ? L’internaute se promène de pages en pages, découvre ce qui était jusqu’à alors inconnu. Son attention se focalise sur les images qui défilent.
Une question se pose après ce voyage : qu’est-ce qui fait qu’un artiste possède son propre univers ? Est-ce que l’on peut créer tout en n’étant qu’un véhicule ? Transporter les émotions et idées des autres, les traduire et puis basta ? La question est complexe et j’en connais qui me reprocherais de toujours intellectualiser ce qui ne devrait pas être intellectualisé.
L’art, dit-on, se ressent ! Enfin, c’est une question d’émotions !
Pourtant je relie le fait de découvrir un artiste à un enchaînement de questions, de nouvelles questions auxquelles je n’avais pas pensées, qui ne m’étaient jamais venues à l’esprit. Enfin, interpellée, je ne me contente pas d’observer. Je creuse et creuse encore, tout en me demandant, à chaque fois : qu’est-ce qui se trouve au fond ? Alors oui, certains ne facilitent pas les coups de cœur, ne veulent pas nous les faciliter.
Ils nous poussent à creuser avec plus d’acharnement, à écarter les bouts de terre gênants et à voir ce qu’il y au-delà de la simple apparence. Allen, donc, réussit le pari de voir l’intérieur et l’extérieur des choses, de ne pas s’en tenir au superficiel.
Tout ce qui semble épuré se transforme devant nos yeux et à force de ne pas lâcher, de revenir vers ces œuvres, on y trouve des nuances, d’autres explications, d’autres visions.
Plus de questions, aussi.
Je ne parle pas beaucoup de l’artiste en lui-même. Je crois sincèrement que les oeuvres suffisent… Au fond, j’ai l’impression que ma chronique va se terminer dans le flou le plus total. C’est vrai, la première fois que j’ai vu les illustrations de Raul Allen, je les ai trouvé froides.
Froides et rien d’autre, cela manquait de cœur. Le talent était là, cela crevait les yeux, mais où était donc passé ce petit « quelque chose » que je chéris tant ? Hein ?
Si l’art est fait pour être ressenti, alors peut-être que les émotions s’apprivoisent, pas à pas.

Game over

Découvrez son portfolio sur son site : Raul Allen

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