“Deux types qui gâchent leurs diplômes”, ainsi se décrivent très modestement Brian McElhaney et Nick Koche, justement diplômés de la New York University’s Tisch School of the Arts et bien décidés à ne faire usage de leur savoir filmique qu’au service du bien et de la justice du délire le plus total. Après une rencontre sur les bancs d’Atlanta et une collaboration épisodique, ces deux jeunes hommes décident de “s’unir sous le drapeau BriTANick” début 2008 pour écrire, produire et réaliser leurs propres films. Assistés d’une bande de potes que l’on a envie de connaitre sinon d’intégrer après un ou deux visionnages, ils ont déjà pas moin de 21 courts-métrages à leur actif, tous plus, les uns que les autres, imprégnés d’un certain esprit… britannique ?

Du film informatif pratique (9 façons de traiter une femme) à la pure fiction en passant par la fausse bande-annonce ou le documentaire, incluant mise en scène classique, montage photo, animation, leur listing couvre à peu près toutes les formes d’humour que l’on connaissait par exemple aux Monty Pythons… Ayant comme toujours un métro de retard, c’est via leur toute dernière production, la fabuleuse bande annonce du prochain film récompensé aux Academy Awards, que j’ai découvert le duo. Au terme des 3′22 minutes, j’étais toute prête à leur décerner l’Award en question. Jugez plutôt :
Si ce petit bijou est sans doute mon préféré des productions BriTANick, la totalité de leur filmographie prouve, court après court, que Brian et Nick ne gâchent en rien leurs diplômes. Leurs maîtrise de l’espace scénique a quelque chose de très professionnel. Le montage est rythmé, la réalisation fluide, la lumière est belle et devant la caméra, la complicité palpable entre tous les interprètes ne les empêchent pas d’être pleinement investis dans leurs personnages, que l’on devine tenir plus ou moins du rôle de composition de métrage en métrage. Mais surtout, les 2 cinéastes parviennent vite à se créer un univers personnel, imprégné d’une identité tant dans le visuel que dans l’emploi de l”absurde et qui gagne à être parfaitement indépendante et à se nourrir de l’esprit libre et potache unissant toute l’équipe. Et plutôt que de disserter plus longtemps, je vais laisser BriTANick se découvrir de lui-même et filer “gâcher mon diplôme” de la même façon : en le mettant au service de la passion pure plus que de toute autre considération. Parce qu’on devrait tous y penser, de temps en temps.
























