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There’s no place like homes

Ce que j’aime le plus quand je me rends à un concert, c’est la claque que je peux me prendre en découvrant un nouvel artiste en première partie. Ça me l’avait déjà fait avec Cage the Elephant que j’avais découvert en première partie des Wombats, et qui aujourd’hui ont fait leur petit bout de chemin. Ça me l’a fait de nouveau il y a quelques jours lors du concert de Kaolin au Café de la Danse. Le groupe dont je vais vous parler aujourd’hui s’appelle “Exsonvaldes” et, comme leur nom ne l’indique pas, il est composé de 4 parisiens qui regorgent d’idées et nous font aller de surprise en surprise.

La salle du Café de la Danse a une structure assez particulière, et en y pénétrant j’ai comme l’impression d’être venue au cinéma. Tous les spectateurs se ruent sur les places assises et la fosse reste vide, à l’exception des quelques photographes venus immortaliser le moment. Je m’installe sur un des bancs, juste à côté de la console de l’ingé son, et regarde tout autour de moi. Les gens s’installent, certains montent à l’étage prendre une bière, et la scène a l’air prête à accueillir le premier groupe de la soirée. Et puis soudain l’obscurité. On distingue à peine les trois lettres suspendues au milieu de la scène (X, O, N, qui représentent un acronyme original pour Exsonvaldes) et les premières notes de Such Great Heights par Iron and Wine accompagnent l’entrée des artistes sur la scène. Le ton est donné, le set aura un goût prononcé d’acoustique.

Everything I see par Exsonvaldes

Exsonvaldes, c’est Simon au chant et à la guitare, Guillaume à la basse, Martin à la Batterie et Antoine à la guitare, au clavier, au xylophone… selon ce dont les morceaux ont besoin. C’est aussi un ensemble de quatre artistes qui mélangent leurs voix en créant des harmonies sur le fil du rasoir pour certains morceaux, et une bande de petits rigolos qui savent magnifiquement bien faire le spectacle. Simon n’hésite pas à faire la conversation avec le public entre deux morceaux, racontant une anecdote ou deux sur le groupe. Lorsqu’il nous dit qu’on est un peu loin de la scène, de l’autre côté de cette fosse dans laquelle seuls les photographes s’aventurent, le public rit. “C’est chouette, on se sent comme dans un stade ! Approchez vous, sinon c’est nous qui allons venir.” Le public rit, encore. Et lorsqu’ils prennent leur blague au sérieux, qu’ils enjambent lumières et petits amplis pour sauter dans la fosse, les applaudissements gonflent dans la salle… et se taisent dès que les premières notes de guitare s’élèvent dans la salle. La sensation est assez incroyable : le son, qui jusqu’à présent, sortait des amplis nous parvient directement, et sonne d’autant plus vrai qu’il n’y a plus aucun artifice entre la guitare et nos oreilles, entre les harmonies de voix et nos frissons. Une fois “Folk Song” terminée, les quatres garçons d’Exsonvaldes remontent sur scène, ni vu ni connu, et reprennent le cours du spectacle.

Les jeux de scènes égrainent le set, et le public, séduit, frappe dans ses mains pour accompagner la musique. L’originalité est de mise lorsqu’Exsonvaldes fait le spectacle : quand le groupe se fige en plein milieu d’un morceau, ce sont les spectateurs qui doivent les faire revenir à la vie à coup d’applaudissements. Un air de magie flotte dans l’air, et un sourire s’étend sur mon visage d’une oreille à l’autre.

Entre deux morceaux, Simon nous explique que ce qu’ils s’apprêtent à nous jouer a été enregistré après une série de concerts en appartements (“C’est vrai en plus ! Ils ne me croient pas” lance-il avec un petit rire à Antoine lorsque le public rit à ce qu’il pense être une blague). Et effectivement, leur dernier album, “There is no place like homes“, est un peu particulier. Après avoir écrit et rendu disponible leur album précédent, “Near the edge of something beautiful“, les musiciens d’Exsonvaldes ont eu l’idée d’un procédé original pour partager leur musique en parallèle de la tournée en cours. Au lieu de faire venir les auditeurs à eux dans des salles de concerts, ce serait le groupe qui irait à la rencontre de leur auditoire. Une tournée parallèle s’est donc mise en place, chez des particuliers qui aiment la musique d’Exsonvaldes et qui souhaitaient faire partager leur découverte à leur entourage, amis, voisins. Une bonne partie des morceaux de “Near the edge of something beautiful” ont été réorchestré pour l’occasion, transformant les sonorités électroniques en sons acoustiques, troquant les synthés contre des xylophones, les guitares électriques contre des acoustiques. D’autres morceaux écrits directement en version acoustique s’y ajoutent, et le résultat peut s’entendre dans “There’s no place like homes”, un album enregistré en trois jours, en live, dans un studio de la région parisienne.

Aujourd’hui, Exsonvaldes a à son actif trois albums, deux EP et une bande démo qui date de 2001. Peu de répit pour le groupe, donc, qui est en ce moment même en train de préparer le quatrième album. Un rock électro-folk, des paroles en anglais qui accompagnent les mélodies et rythmes travaillés, la musique d’Exsonvaldes pioche sûrement dans les influences des musiciens et compositeurs : un peu de Nirvana, une touche de Radiohead, un zeste de Phoenix, une voix dans la lignée de ces chanteurs folk comme Ben Kweller ou, plus ancien, Crosby Still & Nash… Mais plus on progresse dans le temps, moins les influences musicales se ressentent. Exsonvaldes se construit au fur et à mesure des albums une identité propre et les morceaux de leurs trois albums sont sans conteste du Exsonvaldes, et rien d’autre.

La première partie du concert s’achève, et Exsonvaldes quitte la scène pour laisser place à Kaolin. Les musiciens saluent, la salle applaudit, conquise. Pendant l’entracte, ce sont les membres du groupe eux-même qui viennent récupérer leurs instruments, et mon petit doigt me dit que ce sont également eux qui s’étaient chargés de la balance avant leur set. Des musiciens jusqu’au bout des ongles, un groupe coup de coeur tant pour leur musique que pour l’esprit convivial, original et sincère qu’ils dégagent lors de leurs shows.

Exsonvaldes sur le web, c’est :
- leur site officiel
- leurs albums
- leur page myspace
- leur page facebook
- leur compte twitter

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