La chroniqueuse invitée du jour est Marion, et elle nous fait rencontrer un rêveur folk.

Yannick, ou plutôt le Moon Rambler, sait éteindre les étoiles et raconter l’histoire des planètes… Parce qu’il fait une thèse d’astronomie mais surtout grâce à ses chansons. Il crée pour nous une folk douce et rêveuse : conversation à bâtons rompus avec un scientifique musicien et poète qui a la tête dans le système solaire.
Marion : Tout d’abord d’où te vient cette passion pour la musique?
Yannick : En fait j’ai trois passion dans la vie, et je compte faire les trois : l’Astronomie, la vulgarisation scientifique et la musique.
J’ai commencé à jouer il y a 5 ans environ, à l’âge de 21 ans. C’est assez tard mais avant j’avais plutôt peur de la musique, peur de me découvrir. Après, j’ai guéris… L’histoire habituelle avec les filles. La fille est partie mais la musique est restée. Et finalement, c’était le plus important.
M : Comment as-tu appris la musique?
Y : Beaucoup tout seul. Des amis m’ont appris quelques trucs et après j’ai progressé seul. Je suis vite devenu accro à la guitare… C’est une drogue plutôt bonne.
Pour le chant, c’est Carine Reggiani qui m’a donné des cours pendant un an et demi.
M : Quelle est la place de la musique dans ta vie?
Y : C’est un moyen de dire les choses implicitement. Il y a des choses dans mes chansons, mais il faut creuser. D’ailleurs, quoique je fasse : astronomie, vulgarisation, musique c’est toujours dirigé vers les autres, pour leur faire comprendre quelque chose.
La musique est importante et me permet d’exprimer ce qui ne peut pas toujours l’être dans la vie de tous les jours. Quand je chante, je n’ai pas peur d’ouvrir les portes et de laisser échapper ce qu’il y a derrière.
C’est vraiment très important, si tu me mets tout seul dans une pièce vide… Ben ce serait bien qu’il y ai au moins une guitare.
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M : Pourquoi chanter en anglais?
Y : Il y a 4 raisons :
- J’aime beaucoup l’anglais : les sonorités, les mots, la langue. Tu peux faire des mélodies juste en parlant ;
- J’ai passé 1 an à Glasgow, au moment où je commençais la musique et quant on commence on est perméable à la culture qui nous entoure ;
- Mes influences sont anglophones ;
- Je parle plus souvent anglais que français dans mon boulot.
Bon ça, ce sont les raisons « passives ». Il y a aussi que j’ai plus de facilité à exprimer des choses intimes en anglais. En anglais, même des choses simples peuvent être dites joliment alors qu’en français, c’est plus difficile d’écrire quelque chose qui sonne bien. J’admire vraiment Brassens qui a su écrire de vrais poèmes…

M : Quelles sont tes inspirations musicales?
Y : Avant mes 18 ans, j’écoutais assez peu de musique. A la maison il y avait principalement les Beatles et Brassens mais de moi-même j’écoutais peu de chose. Maintenant, c’est le folk irlandais principalement : Lisa Hannigan, Damien Rice. La folk anglophone en général, Andrew Bird par exemple. J’aime les musiques qui grincent, qui accrochent, imparfaites et naturelles… les instruments à cordes surtout.
Dans un genre différent, j’aime les Ogres de Barback, qui écrivent en français et qui ont de supers mélodies. Et puis, j’adore la scie musicale et d’ailleurs j’en joue. Il y a aussi Paul McCartney parce qu’il écrit pas mal de chansons avec des arpèges, c’est très fin comme travail.
Il y en a plein d’autres mais bon..
M : Comment se déroule la création d’une de tes chansons?
Y : Elle commence toujours par la musique. En général, je teste des choses sur ma guitare et une idée vient petit à petit. Quand j’ai trouvé des accords qui me plaisent, je cherche une mélodie qui irait bien avec, souvent en sifflotant. Et quand j’ai trouvé un truc, je le joue en boucle, des fois quelques minutes, des fois plusieurs semaines, et ça fait venir des images, des sons, des émotions, des souvenirs. C’est pour ça que ça donne souvent des chansons assez simples : ce sont plus des émotions et des sensations que des histoires.
Par exemple, pour Day Dreamer, j’étais en train de me faire à manger et je me suis mis à siffler et ça donnait quelque chose de sympa. J’ai trouvé des accords pour aller avec et à force de le jouer ça m’a fait penser à un type qui marche en pleine nature avec des oiseaux, tout ça, du soleil, le vent. Et donc, j’ai écrit ça.
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M : Quels sont les thèmes, les sujets qui t’inspirent pour les textes?
Y : Ce qui m’inspire c’est la nature et aussi les souvenirs que je peux avoir des gens et ce qu’ils représentent pour moi, les choses absurdes qu’on voit dans le monde aujourd’hui et qui me mettent en colère… L’astronomie aussi, il y a souvent des planètes ou des étoiles qui se glissent dans mes chansons, des rêves aussi.
M : Tu faisais jusqu’à il y a peu parti d’un groupe « Glasgwaï » et vous vous êtes séparés… pourquoi? Et Pourquoi Moon Rambler maintenant?
Y : Tout d’abord « Glasgwaï », c’était un mélange de Glasgow et Hawaï, parce que j’ai un peu vécu à Glasgow et mon ami Julien, lui, à Hawaï. On s’est séparés parce qu’on avait envie de faire des choses différentes lui et moi, on avait pas la même vision de la place de la musique dans nos vies. Pour moi, c’était un moyen d’expression important. J’avais envie de montrer ça à d’autres…
Et je suis devenu le Moon Rambler, parce que je suis toujours dans la Lune.
M : Tu fais vraiment énormément de concerts non?
Y : J’ai commencé en juillet 2010 dans le cadre du Folkfest qui est organisé tous les mois par le label Gôneprod et le forum Lovefolk. Chaque fois entre 2 et 4 artistes folk jouent dans un petit bar : c’est très intimiste, souvent dans une cave, en sous sol. Le courant passe bien en général. Ça permet de découvrir pleins de nouveaux artistes. C’est très humain comme festival. Et je fais des concerts aussi souvent tout simplement parce que j’aime ça. Je suis un grand stressé à l’intérieur mais ça, ça me déstresse : je sais ce que j’ai à dire et j’ai envie de le dire. Les concerts, c’est vraiment l’occasion de partager des choses.
M : Comment s’est passé l’enregistrement de ton EP?
Y : J’avais envie de le faire depuis un bon moment parce que bon, le micro de la webcam, ça va un moment… (rires). C’est au Folkfest que j’ai rencontré le chanteur/guitariste du groupe Adrugan et il m’a proposé d’enregistrer avec son matériel.
M : C’est une sorte de nouvelle étape?
Y : Je ne sais pas encore où je vais : j’attends de voir ce que ça va me réserver comme surprise. J’espère pouvoir continuer mes trois passions!
M : Et enfin, la traditionnelle question du 17 rue des arts, y-a-t-il des artistes que tu nous recommandes d’aller voir un de ces jours?
Y : J’en vois au moins deux : d’abord le groupe Adrugan. Pierre-Marie, le chanteur a vraiment une voix très plastique. Il y a une ambiance très particulière et chaleureuse. Et également, une musicienne, avec qui je joue le 29 décembre : Sarah Jeanne, elle fait de très jolies chansons et a une voix agréable, très chaude. Il y en a pleins d’autres bien sûr…
Vous pouvez retrouver ce Promeneur musical en concert le 29 décembre 20h aux Disquaire dans le 11è (métro Bastille).
Et sur le web, c’est sur sa page Facebook, son espace Myspace
ou encore sur Bandcamp pour télécharger son EP.
L’auteur de la chronique : Marion.
Marion est une scientifique à l’esprit de littéraire qui s’intéresse à peu près à tout, depuis la vie complexe des pandas jusqu’à l’histoire des sciences. Boulimique de lecture, elle ne se limite pas dans ses intérêts artistiques. Qu’il s’agisse de la lecture à laquelle elle s’adonne sans limites ou de la création cinématographique qu’elle découvre de l’intérieur depuis quelques années, elle aime partager son avis et ses coups de coeur.
























