Nous sommes tous des faiseurs de ciel, interview croisée des artistes

Posté par le août 24, 2012 dans Actu Aucun commentaire

Nous sommes tous des faiseurs de ciel interview croisée des deux auteures Amélie Charcosset meliemeliie et Paule Gautier 2ème projet édité du 17 Rue des ArtsLes préventes du deuxième ouvrage édité par le 17 Rue des Arts sont lancées ! Afin d’en savoir plus sur ce projet original, je vous propose une interview croisée entre les deux auteurs de Nous sommes tous des faiseurs de ciel, Amélie Charcosset et Paule Gautier.

Comment vous êtes-vous rencontrées ?

De la difficulté d'être soi photo de Paule Gautier intégrée dans Nous sommes tous des faiseurs de ciel projet avec Amélie CharcossetAmélie : C’est Charlotte qui m’a envoyé un mail en me demandant ce que je pensais du travail de Paule. Une des premières photos que j’ai vue, c’était une superposition d’un corps dans des draps [...] l’histoire n’existait pas encore, mais j’avais envie de travailler sur le secret, les masques… alors cette superposition, ce mélange de textures… J’étais touchée. Ce qui est drôle, c’est que finalement, cette photo fait partie du projet !

Paule : Grâce aux bonnes fées du 17, Charlotte et Jérémy ! Amélie avait déjà commencé à écrire et définir les personnages, du coup elle m’a envoyé ses premiers textes. Et j’ai tout de suite accroché à sa façon de jouer avec les mots, de transgresser les expressions idiomatiques en les détournant de leur sens initial. C’est une vraie écriture du subjectif, et j’adore ça.

Qu’avez-vous pensé l’une de l’autre en vous « rencontrant » pour la première fois ?

Amélie : C’était une rencontre mail d’abord [...] j’appréhendais un peu : j’avais aimé ses photos, le projet l’intéressait, mais elle n’avait pas encore lu les textes… Sur Skype, j’ai trouvé que c’était quelqu’un qui avait une vraie fraîcheur, ça fait du bien !

Paule : Une fille un peu timide et très douce… euhhhh, ça fait un peu déclaration d’amour…

Comment décrirais-tu Paule / Amélie ?

Amélie : J’ai l’impression qu’elle a une grande lucidité et énormément de pertinence dans ses remarques. J’ai souvent la sensation qu’elle a cerné les personnages beaucoup mieux que moi, qu’elle peut m’expliquer ce qu’ils ressentent, ou faire ressortir ce qu’un texte exprime alors que je n’avais rien vu !

Paule : Ce que j’admire chez Amélie, c’est sa bonne humeur constante, sa curiosité pour tout ce qui l’environne et son rire contagieux.

« Nous sommes tous des faiseurs de ciel » parle beaucoup de passé, de souvenirs : quel est votre souvenir qui vous a le plus marqué en tant qu’artiste ?

Photo de Paule Gautier pour le projet Nous sommes tous des faiseurs de ciel avec Amélie Charcosset

Amélie : Pas évident !! Il y a quelque chose qui m’a énormément touché l’été dernier ; j’ai participé à un atelier d’écriture oulipien [...] qui part du principe que la contrainte stylistique libère la créativité [...] On a fait une expérience très forte : un poème de marche. L’idée, c’était d’avancer en groupe, jusqu’à la mer [...] en composant un poème dans sa tête, sans l’écrire [...] Une fois arrivés sur la plage, on écrivait notre poème… Quand tout le monde avait fini, on se les récitait. [...] Pour la petite histoire, ce poème [...] fait partie de Nous sommes tous des faiseurs de ciel. Et je le connais encore par cœur !

Paule : Quand ma maman m’a demandé pour la première fois si elle pouvait imprimer une de mes photos pour en faire une aquarelle. Je photographiais déjà depuis 2 ans, et c’est à partir de ce moment que j’ai réalisé que la photo pouvait être un moyen de transmission d’émotion…

La Terre, le ciel… Avez-vous la tête dans les nuages ou les deux pieds sur Terre ?

Amélie : Je crois que j’ai les pieds bien ancrés sur terre, c’est ça qui me permet d’avancer, et en même temps, j’ai un peu la tête dans les nuages pour rêver les projets et réfléchir à la vie que j’ai envie de mener, et ensuite me lancer !

Paule : J’ai une tête qui a tendance à s’envoler, mais j’utilise de la colle extra-forte pour qu’elle reste sur mes épaules…

Depuis combien de temps pratiques-tu l’écriture (pour Amélie) et la photographie (pour Paule) ?

Amélie : J’ai un peu envie de dire « depuis toujours » même si ça ne veut pas dire grand-chose… Je me souviens inventer des poèmes avec ma sœur quand j’avais 7-8 ans. J’ai commencé à plus écrire au lycée [...]. Que ce soit du courrier, des chroniques, des articles, des journaux, des carnets, des blogs… C’est un mouvement, un cercle vertueux : plus tu écris, plus tu as d’idées, plus tu penses à tes projets, plus tu te dégages du temps pour écrire ! Et puis maintenant, une partie de mon travail, c’est de faire écrire les gens, alors… ça continue, disons.

Paule : J’ai reçu mon premier appareil numérique à 15 ans, et j’ai fait un scandale de petite fille pourrie-gâtée pour obtenir mon réflex à 18. Maintenant je vais en avoir 24, donc 9 ans que je colle mon oeil sur la visière…

Vous avez l’air d’avoir beaucoup voyagé toutes les deux : est-ce que ces voyages ont eu une incidence sur vos écrits et photo ? 

Amélie : Complètement !! J’écris beaucoup plus depuis que j’habite à l’étranger, ça m’aide à prendre du recul, à comprendre aussi. Quand tu voyages, il y a tellement de choses à assimiler – au-delà de la langue étrangère, que l’écriture permet de faire décanter tout ça [...].
Pour les sources d’inspiration, je dirais le quotidien. Ce qui se passe autour. Des fois, ça met vraiment longtemps à mûrir, mais c’est noté quelque part [...] J’ai une histoire pour enfants qui me trotte dans la tête depuis quatre ou cinq ans, mais je sens que ce n’est toujours pas le moment ! Mais je ne suis pas pressée…

Paule : Haha, il y a une discipline où je suis franchement une quiche, c’est la photo reportage. Mes photos se construisent dans ma tête, et j’ai du mal à improviser [...]. Ma source d’inspiration, je la puise dans d’autres images, textes, peintures, histoires…

Quelle est ta dernière découverte marquante en littérature (pour Amélie) et en photographie (pour Paule) ?

Là où vont nos pères de TAN lecture de Amélie Charcosset auteure de Nous sommes tous des faiseurs de ciel avec Paule Gautier

Amélie : C’est drôle de répondre à cette question maintenant, parce qu’en ce moment, je « lis » quelque chose de très différent de d’habitude. C’est une BD sans texte [...], qui s’appelle Là où vont nos pères, que quelqu’un de cher m’a offerte. Ca parle d’immigration et de dépaysement – [...] mes obsessions du moment [...], les dessins sont absolument magnifiques. Et c’est drôle, la toute première vignette m’a fait très fort penser à Nous sommes tous des faiseurs de ciel !

Paule : J’ai découvert Duane Michals il y a quelques années aux Rencontres d’Arles. J’adore ses photos, et surtout le message artistique qu’il transmet : une photo ne peut pas se suffire à elle-même. Il y a toujours un « avant » et un « après » l’instant saisi, et c’est justement en suggérant la suite du mouvement par-delà la photo qu’on atteint une certaine force. [...] (A qui appartient ce bras ? Où va cette ombre ? Etc).

Si une aventure comme celle-là était à refaire…

Amélie : On commence quand ?!

Paule : … je foncerai !

 

Retrouvez l’univers des deux auteures sur leurs blogs, celui d’Amélie et celui de Paule.

Et pour commander un exemplaire de Nous sommes tous des faiseurs de ciel en prévente, rendez-vous sur la page Ulule consacrée à l’ouvrage.

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